« Prendre un apprenti, c’est parier sur l’avenir » : Tristan Gillouard (DG de SUP de V) analyse les défis de l’apprentissage sur B SMART
Alors que la ministre déléguée chargée de l’Enseignement, de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache, invite les entreprises à se mobiliser pour la jeunesse à l'approche du Conseil national de la refondation de la filière professionnelle, la rentrée rappelle la réalité du terrain : l'apprentissage traverse une période charnière.
Dans un contexte économique incertain où la motivation des jeunes reste intacte face à des offres d'entreprises plus rares, Tristan Gillouard, Directeur Général de SUP de V, était l'invité de Sibylle Aoudjhane dans l'émission Smart Éco sur B SMART. L'occasion de rappeler l'engagement fondamental de l'école de la CCI Paris Île-de-France aux côtés des jeunes et des entreprises.
L'apprentissage : une rencontre de projets au cœur de la relance économique
Si le marché de l'emploi montre des signes de tension, la démarche de professionnalisation n'a jamais été aussi pertinente. Pour Tristan Gillouard, la baisse ponctuelle des offres ne doit pas occulter la réalité du terrain : les jeunes sont curieux, en recherche de sens et désireux de comprendre les applications directes de leurs enseignements.
L'alternance ne peut pas reposer sur de simples incantations : elle constitue un partenariat stratégique durable pour le tissu économique.
« L’apprentissage, c’est avant tout l’histoire de deux projets qui se rassemblent : une entreprise qui a besoin d’intégrer des compétences nouvelles et un jeune qui souhaite se développer. C’est un travail de mariage. Dans des moments économiques plus complexes, prendre un apprenti reste le meilleur moyen de préparer l'avenir, car ce sont eux qui feront l'entreprise de demain. »
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SMART ECO
Apprentissage : le modèle s'essouffle-t-il ?
Agilité pédagogique et titres propres : l'ADN des écoles de la CCI
Pour répondre à cette exigence d'employabilité immédiate, SUP de V s'appuie sur une offre globale du Bac+2 au Bac+5. En complément de nos parcours Bac+2 diplômés par l'État — qui constituent le cœur de notre offre post-bac —, l'école valorise son statut de certificateur pour concevoir et faire évoluer ses propres titres de Bac+3 à Bac+5 en dialogue permanent avec le terrain.
Pour Tristan Gillouard, l'apprentissage crée naturellement ce pont avec le monde économique : « Quand on parle de l’évolution du jeune, on parle directement des besoins de l’entreprise ». C'est notamment au travers de comités d'échange récurrents avec nos 3 000 entreprises partenaires que l'école adapte en continu les maquettes pédagogiques aux mutations du marché, qu'il s'agisse de la facturation électronique ou encore l’IA.
Interrogé sur la place de l'Intelligence Artificielle dans les parcours de formation, Tristan Gillouard insiste sur l'éthique et la valeur des fondamentaux :
« Nous insistons fortement sur l’intégrité académique. On dit aux jeunes qu’il ne faut pas commencer par travailler avec l’IA, mais se challenger avec elle. Un étudiant qui se contente de ce que produit l’outil sans questionner le résultat ne fait pas fonctionner son esprit critique. Notre rôle est de concilier la maîtrise de ces nouveaux outils avec les compétences fondamentales et l'intelligence relationnelle. »
Orientation et qualité : donner des repères clairs aux familles
À la question de Sibylle Aoudjhane sur la perception de la voie professionnelle et les attentes vis-à-vis du futur Conseil, Tristan Gillouard relève sur le besoin de clarifier le paysage éducatif :
« Les familles sont encore parfois désemparées par la complexité de l’offre. Ce que j’espère, c’est qu’à travers un meilleur système d’orientation et un référencement valorisant la qualité, nous donnerons des éléments plus clairs aux jeunes et à leurs proches pour s’orienter. »
Les points forts à retenir de l’interview
- L'apprentissage comme levier d'avenir : un investissement gagnant-gagnant pour les PME et grands groupes qui souhaitent intégrer de nouvelles compétences malgré la conjoncture.
- Une pédagogie agile et diplômante : des titres conçus et actualisés en interne par SUP de V pour coller immédiatement aux besoins du marché du travail.
- L'usage raisonné de l'IA : un accompagnement qui privilégie l'esprit critique, la posture professionnelle et l'intégrité académique face aux outils génératifs.
- Une approche par compétences modulables : la possibilité pour les professionnels de construire des parcours sur mesure grâce au découpage des certifications en blocs de compétences.
- Le besoin de clarté pour les familles : une orientation centrée sur la réalité des métiers et des critères de qualité clairs pour guider les choix de formation.
« Il faut redonner de la clarté aux familles »
En conclusion de son échange, Tristan Gillouard a rappelé l’intérêt de simplifier le dialogue entre le monde éducatif, les jeunes et leurs parents :
« Pour bien orienter, il faut parler métiers, faire témoigner ceux qui les exercent au quotidien et faire le rapprochement avec nos formations de façon simple et transparente. Face à une offre pléthorique, les familles ont besoin de repères lisibles et d'engagements de qualité pour choisir sereinement l'avenir de leurs enfants. »

